HORS-SERIE N°1 2025
SOMMAIRE
PREMIERE PARTIE: LA DECENTRALISATION, SES ENJEUX, SES ITINERAIRES
Alphonse YAPI-DIAHOU
Résumé:
Abstract
Quand le développement territorial interroge la décentralisation et la science
Gilbert Assi YASSI
Résumé
La politique de la décentralisation est une opération à la fois administrative et juridique qui consiste à créer des collectivités territoriales qui s’administrent elles-mêmes sous le contrôle de l’Etat. Elle signifie également une action par laquelle la gestion des entités locales d’un pays est transférée à des autorités élues par les populations et non à des agents nommés par le pouvoir central. A partir de données secondaires et de celles issues d’enquêtes sur le terrain, cette contribution vise à analyser les limites de la politique de la décentralisation en Côte d’Ivoire sous le prisme des élections locales. L’analyse des données a abouti à des résultats qui révèlent que depuis 2011, la Côte d’Ivoire dispose de deux catégories de collectivités territoriales : 201 communes et 31 régions. De plus, le pays compte trois catégories de citoyens. La première est constituée de populations disposant du droit de vote entier à l’occasion des élections locales. Celles-ci sont établies dans les espaces communaux. La deuxième catégorie est formée de citoyens disposant du droit de vote partiel. Ils sont exclus des élections régionales et vivent essentiellement dans les espaces communaux. La troisième catégorie regroupe tous les autres citoyens ne disposant d’aucun droit de vote à l’occasion des élections locales régionales et municipales. Ils vivent dans des espaces non communaux. Si les deux premières catégories concernent le pays entier, la troisième et dernière catégorie par contre, couvre seulement 8 secteurs non communaux, toutes situées dans deux districts autonomes du pays : Abidjan la capitale économique et Yamoussoukro la capitale politique. Il s’agit, d’une part des populations des sous-préfectures de Bingerville, Anyama, Songon et Brofodoumé issues du District Autonome d’Abidjan et, d’autre part de celles des sous-préfectures de Yamoussoukro, Attiégouakro, Lolobo et Kossou du District Autonome de Yamoussoukro. Quoiqu’il en soit, ces localités pas ou peu associées à la politique de la décentralisation constituent un frein au développement territorial harmonieux du pays.
Mots-clés : Aménagement du territoire, décentralisation, développement territorial, démocratie locale, inégalités territoriales.
ABSTRACT
The policy of decentralization is both an administrative and legal operation which consists of creating local authorities which administer themselves under the control of the State. It also means an action by which the management of local entities in a country is transferred to authorities elected by the populations and not to agents appointed by the central power.
Based on secondary data and those from field surveys, this contribution aims to analyze the limits of the decentralization policy in Côte d’Ivoire under the prism of local elections.
The analysis of the data produced results which reveal that since 2011, Côte d’Ivoire has had two categories of local authorities: 201 communes and 31 regions. In addition, the country has three categories of citizens. The first is made up of populations with full voting rights in local elections. These are established in communal spaces. The second category is made up of citizens with partial voting rights. They are excluded from regional elections and live mainly in municipal areas. The third category brings together all other citizens who do not have the right to vote in local, regional and municipal elections. They live in non-communal spaces. If the first two categories concern the entire country, the third and last category, on the other hand, covers only 8 non-communal sectors, all located in two autonomous districts of the country: Abidjan the economic capital and Yamoussoukro the political capital. These are, on the one hand, the populations of the sub-prefectures of Bingerville, Anyama, Songon and Brofodoumé located in Abidjan District and, on the other hand, those of the sub-prefectures of Yamoussoukro, Attiégouakro, Lolobo and Kossou located in Yamoussoukro District. In any case, these localities not or little associated with the policy of decentralization constitute an obstacle to the harmonious territorial development of the country.
Keywords: Territorial planning, decentralization, territorial development, local democracy, territorial inequalities.
Des territoires au statut électoral inégal : quand la politique de la décentralisation balbutie encore en Côte d’Ivoire
Gahié Bertin KADET
Résumé
La Côte d’Ivoire est engagée dans un processus de décentralisation depuis plusieurs décennies, dans le cadre de sa politique de développement. La décentralisation est un moyen par lequel l’Etat accorde un degré d’autonomie à des autorités élues, en leur transférant certaines compétences et responsabilités au niveau infranational (OCDE, 2019, p. 11). En tant que processus d’appropriation du développement par les acteurs locaux, la décentralisation cible le bien-être des populations. Si tel est le cas, qu’est ce qui explique que l’Etat continue de garder la main sur les dimensions essentielles (politiques, administratives, budgétaires) de la décentralisation ? Et pourquoi, la politique de la décentralisation fait preuve d’une gestion centralisée et d’un manque d’équité ? A partir de documents d’archives et des informations recueillies auprès de certaines structures de recherche, l’analyse examine une double dynamique territoriale de la décentralisation ivoirienne. Les résultats de l’étude démontrent que sur le plan institutionnel, la promotion des configurations territoriales n’est pas faite dans le sens de l’équité entre les territoires candidats au développement local. Sur le plan pratique, la gestion de la décentralisation retourne aux fondamentaux de la centralisation administrative. Finalement, la décentralisation ivoirienne a besoin de promouvoir de nouvelles dynamiques.
Mots-clés : Côte d’Ivoire, décentralisation, configurations territoriales, gestion centralisée, manque d’équité
ABSTRACT
Côte d’Ivoire is engaged in a process of decentralization since several decades as part of its development policy. Decentralization is a means by which the state grants a degree of autonomy to elected authorities by transferring certain powers and responsibilities to the subnational level (OECD, 2019, p. 11). As a process of local actors’ appropriation of development, decentralization targets the well-being of populations. If this is the case, what explains that the state continues to control the essential dimensions (political, administrative, budgetary) of decentralization? And why does the decentralization policy show centralized management and lack of fairness? Based on archival documents and information gathered from certain research institutions, the analysis examines a dual territorial dynamic of Ivorian decentralization. The study’s results demonstrate that institutionally, the promotion of territorial configurations is not done in the direction of equity among territories aspiring to local development. On a practical level, the management of decentralization returns to the fundamentals of administrative centralization. Ultimately, Ivorian decentralization needs to promote new dynamics.
Keywords: Côte d’Ivoire, decentralization, territorial configurations, centralized management, lack of fairness
La décentralisation en Côte d’Ivoire : les configurations territoriales à l’épreuve des agendas de gouvernance
Komi Selom KLASSOU, Mazamesso WELLA
Résumé
A l’instar de certains pays africains pionniers qui ont amorcé la voie de la décentralisation au début des années 1980, le Togo quant à lui s’est engagé dans la politique de décentralisation par l’ordonnance n° 87-03 du 10 juin 1987 en vue d’instaurer et de promouvoir la gouvernance locale. Cette décentralisation voulue est caractérisée au Togo par un processus quelque peu tumultueux qui a connu trois étapes majeures à savoir : (i) l’élection des conseillers de préfecture en 1987, (ii) la nomination des délégations spéciales de commune et de préfecture en 2001 puis de nouveau, (iii) l’élection des conseillers municipaux en 2019 pour 117 communes. Le présent article analyse les impacts de la décentralisation sur l’ancrage de la participation citoyenne et de la gouvernance à la base. L’instauration de la décentralisation comme mode de gouvernance administrative du territoire national a été justifiée par les exigences du développement local. Le transfert de certaines compétences de l’Etat au profit des collectivités devrait contribuer au développement local. A la lumière des principaux résultats de la mise en œuvre de la décentralisation au Togo, la courte expérience (2019-2024) révèle des défis du développement territorial par la décentralisation. Ces derniers sont inhérents à la fois au modèle conçu et aux mécanismes de mise en œuvre. De ce constat, il apparait nécessaire de bâtir un modèle de décentralisation basé sur une approche structurante, et c’est dans cette perspective que sont prévues les élections régionales en 2024 en vue d’élire des conseillers régionaux.
Mots-clés : Togo, décentralisation, collectivités territoriales, gouvernance locale, participation citoyenne, développement territorial
ABSTRACT
Like certain pioneering African countries which began the process of the decentralization in the 1980s, Togo committed itself to the policy of decentralization by the Ordinance No. 87-03 of June 10, 1987, in order to establish and promote local governance. This desired decentralization is characterized in Togo by a somewhat tumultuous process which went through three major stages, namely (i) the election of prefecture councilors in 1987, (ii) the appointment of special commune and prefecture delegations in 2001 then again, (iii) the election of municipal councilors in 2019 for 117 municipalities. This article analyzes the impacts of decentralization on the anchoring of citizen participation and grassroots governance. The establishment of decentralization as a mode of administrative governance of the national territory was justified by the requirements of local development. The transfer of certain powers from the State to the benefit of communities should contribute to local development. In light of the main results of the implementation of decentralization in Togo, the short experience (2019-2024) reveals the challenges of the territorial development through decentralization. These are inherent both to the designed model and to the implementation mechanisms. From this observation, it appears necessary to build a decentralization model based on a structuring approach, and it is with this in mind that regional elections are planned for April 20, 2024, with a view to electing regional councilors.
Keywords: Togo, decentralization, local authorities, local governance, citizen participation, territorial development
Processus de décentralisation au Togo : Enjeux, défis et perspectives
Oi Kamenan Germain KAMENAN, Gbitry Abel BOLOU
Résumé
La matérialité et l’efficacité de la décentralisation nécessitent l’adoption de politiques qui contribuent au développement et à l’équipement des localités par les collectivités territoriales. La ville de Duékoué, chef-lieu de la commune éponyme et de la région du Guémon, bénéficie à partir de 1985, des investissements dont 20 % ont été réalisés par les collectivités territoriales. Malgré ces investissements, l’on constate que la ville de Duékoué présente encore des insuffisances au niveau de son développement urbain. La perception de ces insuffisances, illustre les effets limités de la décentralisation sur le développement de cette localité. L’objectif de cette étude est de montrer l’impact de la politique de décentralisation sur le développement urbain de Duékoué. La présente étude a fait appel à une recherche documentaire et à une enquête de terrain. La documentation concerne essentiellement des travaux scientifiques, des bilans des plans de travail annuel, des plans de programmes triennaux et ceux des stratégies de développement sur la décentralisation et son impact sur le développement local. Quant à l’enquête, elle est faite d’observation directe, des entretiens avec 2 autorités administratives et 2 représentants des collectivités territoriales et un questionnaire adressé 150 chefs de ménage. Il ressort de cette étude que les investissements territoriaux attendus de la politique de décentralisation sont en deçà des attentes des populations. Les autorités locales et nationales se renvoient mutuellement la responsabilité sans aucune action concrète. Or, ces insuffisances de la décentralisation précarisent le développement urbain de Duékoué.
Mots clés : Diagnostic, décentralisation, développement urbain, Duékoué
ABSTRACT
The materiality and effectiveness of decentralization require the adoption of policies which contribute to the development and equipment of localities by local authorities. The town of Duékoué, capital of the eponymous commune and the Guémon region, has benefited from investments since 1985, 20% of which were made by local authorities. Despite these investments, we see that the city of Duékoué still has shortcomings in terms of its urban development. The perception of these inadequacies illustrates the limited effects of decentralization on the development of this locality. The objective of this study is to show the impact of the decentralization policy on the urban development of Duékoué. This study used documentary research and a field survey. The documentation mainly concerns scientific work, reviews of annual work plans, three-year program plans and those of development strategies on decentralization and its impact on local development. As for the survey, it is carried out by direct observation, interviews with 2 administrative authorities and 2 representatives of local authorities and a questionnaire sent to 150 heads of household. It emerges from this study that the territorial investments expected from the decentralization policy fall short of people’s expectations. Local and national authorities are passing the buck on each other without any concrete action. However, these deficiencies in decentralization precarious the urban development of Duékoué.
Kley word: Diagnosis, decentralization, urban development, Duékoué
Diagnostic des différentes politiques de décentralisation et incidences sur le développement urbain de la ville de Duékoué (ouest de la Côte d’Ivoire)
TAGRO Marcelle-Josée épouse NASSA, Binta Noura KONE
Résumé
Cet article analyse la gouvernance du foncier en Côte d’Ivoire. Il examine plus précisément le caractère dual de la gouvernance foncière entre l’Etat et les communautés villageoises puis en établit le rapport avec la décentralisation. En s’appuyant sur l’exemple de l’occupation du foncier minier à titre résidentiel dans le quartier Energie Solaire, un lotissement du village d’Adjamé Bingerville, ce texte analyse l’interprétation différenciée du risque entre l’Etat et ce village ; une situation qui constitue un obstacle à la décentralisation. La méthodologie repose sur une démarche qualitative de collecte des données (analyse documentaire, entretiens individuels et observation directe). La taille de l’échantillon a été obtenue par la saturation et les informations recueillies ont été soumises à une analyse de contenu thématique. Les réflexions s’inscrivent dans le cadre de la sociologie des risques selon Peretti-Watel (2002, p 27) et Gilbert (2003, p 13). L’analyse des données a abouti à deux (02) principaux résultats : i) La légitimation du village comme acteur politique et ‘’aménageur‘’ : un point de départ de l’étalement urbain à Bingerville, ii) l’interprétation différenciée du risque entre l’Etat et le village comme un support idéologique de l’étalement urbain.
Mots clés : Bingerville, décentralisation, foncier minier, risque
ABSTRACT
This article analyzes land governance in Côte d’Ivoire. More specifically, it examines the dual nature of land governance between the state and village communities, and then establishes its relationship with decentralization. Based on the example of residential occupation of mining land in the Energie Solaire neighborhood, a housing estate in the village of Adjamé Bingerville, this text analyzes the differentiated interpretation of risk between the state and this village, a situation that constitutes an obstacle to decentralization. The methodology is based on a qualitative approach to data collection (Literature analysis, individual interviews and direct observation). The sample size was obtained by saturation, and the information gathered was subjected to thematic content analysis. The reflections are part of the sociology of risk according to Peretti-Watel, (2002, p 27) and Gilbert (2003, p 13). The analysis of the data led to two (02) main results: i) the legitimization of the village as a political actor and »planner »: a starting point for urban sprawl in Bingerville, ii) the differentiated interpretation of risk between the state and the village as an ideological support for urban sprawl.
Key words: Bingerville, decentralization, mining land, risk
La décentralisation en Côte d’Ivoire. Entre gouvernance duale et étalement urbain : une étude de cas à Bingerville
Amadou COULIBALY
Résumé
Avec les résultats de la mise en œuvre de sa politique de décentralisation qu’il juge satisfaisants, l’Etat s’efforce à étendre les pouvoirs dévolus aux collectivités territoriales. Ainsi, par la loi n°2003-208 du 7 juillet 2003, l’Etat a procédé à un transfert massif de compétences aux collectivités territoriales dont les communes constituent l’ossature et l’entité territoriale la plus à même de répondre rapidement et efficacement aux besoins des populations. L’option d’une « communalisation » intégrale et simultanée du territoire national s’accompagne d’une plus grande responsabilisation des communes comme acteur majeur du développement local. Au total, ce sont 295 compétences réparties en 16 domaines qui ont été transférées aux communes. Deux décennies après le transfert massif de compétences, les communes éprouvent des difficultés à les mettre en œuvre. L’interrogation majeure qui découle de ce constat, est pourquoi les communes, éprouvent tant de difficultés à mettre en œuvre ces compétences. Il s’agit plus spécifiquement à partir de l’expérience de la commune de Korhogo, d’évaluer d’abord la mise en œuvre des compétences qui lui ont été transférées. Ensuite d’expliquer à partir de cette évaluation, le niveau de mise en œuvre des compétences transférées. Enfin, analyser son impact sur le développement communal. Une démarche méthodologique axée sur la recherche documentaire et l’enquête de terrain a été déployée afin d’apporter des réponses idoines aux différentes préoccupations de l’étude. Les résultats de cette étude montrent que la commune de Korhogo connait un faible niveau de mise en œuvre des compétences qui lui ont été transférées. Ce faible niveau de mise en œuvre résulte de difficultés d’ordre financier, administratif, réglementaire et fonctionnel. L’insuffisance de la mise en œuvre ou la non mise en œuvre des compétences transférées explique en partie le retard de développement de la commune. Au total, cette étude montre à partir de l’expérience de Korhogo que la mise en œuvre du transfert de compétences de l’Etat aux communes est largement inachevée et entrave leur développement.
Mots Clés : décentralisation, développement communal, transfert de compétences.,
ABSTRACT
With the results of the implementation of its decentralization policy which it considers satisfactory, the State is striving to extend the powers devolved to local authorities. Thus, by law n°2003-208 of July 7, 2003, the State carried out a massive transfer of powers to local authorities, of which the municipalities constitute the backbone and the territorial entity best able to respond quickly and effectively to the needs of the populations. The option of an integral and simultaneous “communalization” of the national territory is accompanied by greater accountability of municipalities as major players in local development. In total, 295 skills divided into 16 areas were transferred to the municipalities. Two decades after the massive transfer of skills, municipalities are having difficulty implementing them.
The major question arising from this observation is why municipalities have so much difficulty implementing these skills. More specifically, based on the experience of the municipality of Korhogo, it is a question of first evaluating the implementation of the skills which have been transferred to it. Then to explain, based on this evaluation, the level of implementation of the skills transferred. Finally, analyze its impact on municipal development. A methodological approach focused on documentary research and field investigation was deployed in order to provide appropriate responses to the various concerns of the study. The results of this study show that the municipality of Korhogo has a low level of implementation of the skills transferred to it. This low level of implementation results from financial, administrative, regulatory and functional difficulties. The insufficient implementation or non-implementation of transferred skills partly explains the delay in development of the municipality. Overall, this study shows from the experience of Korhogo that the implementation of the transfer of powers from the State to the municipalities is largely unfinished and hinders their development.
Keywords: decentralization, municipal development, transfer of skills.
Etat des lieux de la mise en œuvre du transfert de compétences de l’Etat aux collectivités territoriales : l’exemple de la commune de Korhogo
Foungnigué SORO, Sanaliou KAMAGATE
Résumé
Afin de réduire les disparités territoriales dans le processus de développement socio-économique entre la capitale Abidjan et l’intérieur du pays, les autorités ivoiriennes ont opté dès les années 1960 pour une ambitieuse politique d’aménagement du territoire. L’équipement des sites habités fut l’une des options majeures des stratégies adoptées pour impulser le développement territorial tout en améliorant le cadre et les conditions de vie des populations à la base. Plusieurs initiatives publiques ont ainsi vu le jour. Mais, après plus d’un demi-siècle d’intervention, des interrogations subsistent quant à leurs portées dans l’amélioration du niveau d’équipement des localités de l’intérieur du pays. Le département de Zouan-Hounien, zone initialement marginalisée dans l’Ouest ivoirien, apparait de ce fait comme un excellent baromètre pour conduire cette étude. Des données secondaires ont été mobilisées grâce à la recherche documentaire. Quant aux données primaires, elles ont été collectées à travers l’inventaire des équipements, l’observation directe, les entretiens auprès des autorités administratives, techniques ainsi que des animateurs des collectivités décentralisés. Les résultats obtenus montrent que les actions publiques pour l’équipement de base ont essentiellement été l’œuvre des collectivités territoriales décentralisées (les communes, le conseil général et le conseil régional). Les investissements réalisés restent dominés par les équipements sociaux. Les besoins des populations en équipement sont loin d’être satisfaits, car le niveau de couverture départemental demeure faible avec des disparités plus prononcées dans le milieu rural.
Mots clés : département de Zouan-Hounien, aménagement du territoire, décentralisation, équipement local, collectivités territoriales
ABSTRACT
In order to reduce territorial disparities in the process of socioeconomic development between the capital Abidjan and the other parts of the country, the Ivorian authorities opted since 1960 for an ambitious political planning of the territory. The provision of equipment to inhabited sites was one of the major options of the strategies adopted to boost the territorial development while improving the living conditions of the local population. Several public initiatives thus emerged. But after more than half a century of intervention, questions remain regarding their impact on improving the level of equipment of inland localities of the country. The department of Zouan-Hounien, an area initially marginalized in western Côte d’Ivoire appears to be one excellent barometer to conduct this study. Secondary data were collected through literature research while primary data were collected through an inventory of equipment, direct observation, and interviews with administrative and technical authorities as well as with leaders of decentralized communities. The results show that public actions for basic equipment have mainly been the work of the decentralized local authorities (the communes, the general council, and the regional council). Investments made remain dominated by social facilities. The needs of the populations in terms of equipment are very far from being satisfied, because the level of the departmental coverage remains low with some more pronounced disparities in the rural area.
Key words: Department of Zouan-Hounien, territorial planning, decentralization, local equipment, territorial collectivities
La décentralisation dans le processus d’équipement local du département Zouan-Hounien (ouest de la Côte d’Ivoire)
Atsé Calvin YAPI, Salifou COULIBALY
Résumé
La question de l’occupation de la voirie pour l’organisation des activités récréatives dans les villes ivoiriennes en générale et singulièrement à Yamoussoukro, demeure préoccupante pour les pouvoirs publics. De plus en plus, la voirie est devenue le lieu de prédilection pour l’organisation d’activités sportives, festives, de funérailles, etc., souvent au mépris de la règlementation en vigueur. L’objectif de l’étude est de comprendre l’occupation anarchique de la voirie pour la pratique des activités récréatives festives et ses implications sur les usagers de la route. La méthodologie de collecte des données s’est appuyée sur la recherche documentaire et l’enquête de terrain où un questionnaire a été adressé à 325 personnes comprenant 210 usagers de la route et 115 occupants de rue déterminés à partir de la technique d’échantillonnage non probabiliste accidentel ou de commodité. Les résultats de l’étude montrent que les voies secondaires des quartiers à habitats évolutifs et économiques comme Dioulakro, Kokrenou, N’zuessi, N’gokro et Morofé sont souvent utilisées pour les activités sportives et les mariages. Ensuite, 45 % des occupants de rue expliquent leurs attitudes par l’insuffisance des espaces dédiés aux dites activités, 20 % à l’incivisme, 18 % pour le faible trafic, 12 % à la cherté des espaces de loisirs privés, et 5 % relève du laxisme des autorités. Enfin, comme répercussions, 65 % des usagers de la route estiment que ces pratiques entraînent de longs détours synonymes de pertes en temps, 20 % évoquent l’inconfort des passants et riverains, et 15 % relèvent des dégâts matériels sur des véhicules.
Mots-clés : Côte d’Ivoire, Yamoussoukro, voirie urbaine, activités récréatives, usagers de la route.
ABSTRACT
The issue of road use for recreational activities in Ivorian cities in general, and Yamoussoukro, in particular, remains a matter of concern for the public authorities. Increasingly, roads have become the preferred location for organizing sports, festive events, funerals, etc., often in defiance of the regulations. The aim of the study is to understand the anarchic occupation of roads for festive recreational activities and its implications for road users. The data collection methodology was based on literature research and a field survey in which a questionnaire was sent to 325 people, including 210 road users and 115 street occupants determined using the accidental or convenience non-probability sampling technique. The results of the study show that the secondary roads in neighborhoods with changing and economically developed habitats such as Dioulakro, Kokrenou, N’zuessi, N’gokro and Morofé are often used for sporting activities and weddings. Secondly, 45% of street users explain their behavior to the lack of space dedicated to these activities, 20% to incivism, 18% to low traffic, 12% to the high cost of private leisure areas and 5% to the laxity of the authorities. Finally, as repercussions, 65% of road users believe that these activities result in long detours and loss of time, while 20% mention the discomfort caused to passers-by and local residents, and 15% report material damage to vehicles.
Keywords: Côte d’Ivoire, Yamoussoukro, urban roads, recreational activities, road users
Voirie urbaine de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire) : compétition entre usagers de la route et activités récréatives et festives des populations
Wourobè Lucien KONATÉ
Résumé
La coopération décentralisée franco-burkinabè date de la première décennie des années 1960. Dans cette décennie, la ville de Ouagadougou adhère à la fédération mondiale des Villes jumelées en 1964 et le maire, le Docteur Joseph Issoufou CONOMBO est désigné membre du bureau exécutif de cette instance mondiale des villes et de la création du tout premier jumelage entre la ville de Ouagadougou et la ville de Loudun le 21 janvier 1967. Ce tout premier jumelage du genre en Afrique de l’Ouest a été suivi par bien d’autres à travers le pays, dont celui de Dreux-Koudougou qui attire notre attention particulière par sa singularité, son dynamisme, son exemplarité et ses actions humaines. Les axes de la coopération décentralisée Dreux-Koudougou concernent l’éducation, la santé, l’hydraulique, le développement urbain et l’appui institutionnel. La coopération décentralisée Dreux-Koudougou est une politique de la ville de Koudougou pour son développement local. Elle est une aventure humaine qui s’est concrétisée par beaucoup de projets de développement dans les secteurs socio-économiques.
Pour aboutir à des résultats, nous adoptons une méthodologie de recherche basée sur l’exploitation des archives de l’Association les Amis de Dreux-Koudougou et les enquêtes administrées sous forme de questionnaires et d’entretiens avec les acteurs du jumelage et les populations bénéficiaires.
Ce travail est une contribution à la connaissance de l’histoire de l’amitié entre les villes et leur apport au développement local. Cette coopération décentralisée entre Dreux et Koudougou résulte des actions conjuguées du docteur Michel JOUSSET en 1968 et de l’ambassadeur Henri GUISSOU reçu à Dreux le 26 novembre 1969. Dans cette coopération décentralisée, les partenaires ont fait de l’accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, leurs domaines de prédilection.
Mots clés : Koudougou, Dreux, coopération, décentralisée
ABSTRACT
The decentralized cooperation between France and Burkina Faso dates back to the first decade of the 1960s. During this decade, the city of Ouagadougou joined the World Federation of Twinned Cities in 1964, and the mayor, Dr Joseph Issoufou CONOMBO, was appointed as a member of the executive board of this world body of cities. The very first twinning between the city of Ouagadougou and the city of Loudun was created on 21 January 1967. This very first twinning of its kind in West Africa was followed by many others throughout the country, including that of Dreux-Koudougou twinning, which attracts our particular attention because of its uniqueness, dynamism, exemplary nature and human actions. The decentralized cooperation between Dreux and Koudougou focuses on education, health, water, urban development and institutional support. The decentralized cooperation between Dreux and Koudougou is a policy of the town of Koudougou for its local development. It is a human adventure that has resulted in many development projects in the socio-economic sectors.
To obtain the results, we adopted a research methodology based on the use of the archives of the Association des Amis de Dreux-Koudougou and surveys administered in the form of questionnaires and interviews with the twinning actors and beneficiary populations.
This work is a contribution to the knowledge of the history of the friendship between the cities and their contribution to local development. This decentralized cooperation between Dreux and Koudougou is the result of the combined actions of Doctor Michel JOUSSET in 1968 and Ambassador Henri GUISSOU, who visited Dreux on 26 November 1969. In this decentralized cooperation, the partners made access to basic social services such as education, health, water, hygiene and sanitation their priority areas.
Keywords: Koudougou, Dreux, cooperation, decentralized
La coopération décentralisée Dreux-Koudougou et la question de l’accès aux services sociaux de base de 1968 à 2022
N’Guessan Arsène KOUADIO, Bazoumana DIARRASSOUBA, Assoh Hortance épse N’GUESSAN AMAN
Résumé
Phénomène de la modernisation, l’urbanisation rapide et spontanée engendre d’importants effets spatiaux. La maitrise de ces effets demeure un véritable défi pour les collectivités territoriales en Côte d’Ivoire. Pays par excellence de destination de flux de population, la Côte d’Ivoire n’échappe pas à la dynamique urbaine. Son taux d’urbanisation est passé de 42,5 % en 1998 à 50,3 % en 2014 et à 52,5 % en 2021. Les villes d’Abidjan, de Bouaké et de Korhogo se démarquent par un poids démographique dominant. Principalement, celle de Bouaké porte 4,75 % de la population urbaine du pays en 2014. Toutefois, elle est marquée par des mouvements spontanés d’urbanisation associés à des occupations illicites des espaces non constructibles. Les conséquences de ce modèle urbain sont essentiellement la création des quartiers spontanés et la dégradation du cadre de vie. La méthodologie de cette étude est axée sur les recherches documentaires et les enquêtes de terrain. Il en ressort que les actions menées par les collectivités territoriales, l’État et les ménages restent inefficaces face à la précarité des habitats et la récurrence des maladies environnementales. À Bouaké, près de 63 % des ménages vivent dans des habitats évolutifs, 20 % dans des habitats précaires et insalubres, 12 % dans des habitats de moyen standing et 5 % dans le haut standing. Au moins, 90 % des habitants des habitats évolutifs et précaires sont touchés par les problèmes environnementaux.
Mots clés : Bouaké, habitat, problèmes environnementaux, stratégies, gestion
ABSTRACT
effects. Controlling these effects remains a real challenge for local authorities in Côte d’Ivoire. A country par excellence for population flows, Côte d’Ivoire is not immune to urban dynamics. Its urbanization rate increased from 42.5% in 1998 to 50.3% in 2014 and 52.5% in 2021. The cities of Abidjan, Bouaké, and Korhogo stand out for their dominant demographic weight. Bouaké, in particular, accounted for 4.75% of the country’s urban population in 2014. However, it is marked by spontaneous urbanization movements associated with illegal occupation of non-constructible spaces. The consequences of this urban model are essentially the creation of spontaneous neighborhoods and the deterioration of the living environment. The methodology of this study is based on documentary research and field surveys. It emerges that the actions carried out by local authorities, the State and households remain ineffective in the face of the precariousness of housing and the recurrence of environmental diseases. In Bouaké, nearly 63% of households live in evolving housing, 20% in precarious and unsanitary housing, 12% in medium-standard housing and 5% in high-standard housing. At least 90% of the inhabitants of evolving and precarious housing are affected by environmental problems.
Keywords : Bouake, habitat, environmental problems, strategies, management
Stratégies opérationnelles face à la dégradation du cadre de vie dans les quartiers défavorisés de Bouaké (Côte d’Ivoire)
DEUXIEME PARTIE: LA PRIVATISATION DE L’ECONOMIE ET DES SERVICES ET LES RAPPORTS/PARTENARIAT PUBLIC-PRIVE
Goh Patrice BLE, Diakaridja SANOGO, Edoukou KOFFI, Kpan Noël VEİ
Résumé
La gestion efficace et efficiente des territoires est devenue aujourd’hui une préoccupation majeure pour les scientifiques, les politiques, les acteurs économiques et aussi les populations. De nombreux Etats s’attèlent à proposer des solutions réellement opératoires qui répondent aux attentes des populations. De ce fait, l’analyse dans le temps des phénomènes socio-économiques et la détermination de leurs impacts environnementaux sont devenues une alternative efficace à la compréhension des problèmes socio-environnementaux. Ainsi, la commune de Grand-Bassam, station balnéaire en pleine mutation socio-économique, fait face à de nombreux impacts environnementaux qui influencent considérablement son cadre spatial. Des problèmes environnementaux tels que l’insalubrité, le désordre urbain, l’insuffisance d’infrastructures d’assainissement subsistent dans la commune de Grand-Bassam. De ce fait, l’étude analyse les impacts environnementaux des mutations socio-économiques dans la commune balnéaire de Grand-Bassam. L’objectif de la recherche est d’analyser les impacts environnementaux liés aux mutations socio-économiques dans la commune de Grand-Bassam. Il a fallu utiliser donc une méthodologie de collecte de données axée sur la recherche documentaire, l’observation directe, des entretiens semi-directifs avec les autorités locales, une enquête de terrain ainsi que l’échantillonnage par choix raisonné. L’analyse des documents cartographiques et statistiques ainsi que les données d’enquête de terrain ont abouti à des résultats qui ont permis de comprendre l’évolution spatio-temporelle et la dynamique des activités économiques. Ils mettent également en lumière les implications socio-environnementales des mutations socio-économiques. L’étude offre des possibilités d’utiliser les SIG comme outils de résilience par rapport aux problèmes environnementaux, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour une gestion harmonieuse et adéquate des territoires.
Mots clés : Grand-Bassam, mutations, socio-économiques, impacts, environnement
ABSTRACT
Effective and efficient management of territories has become a major concern for scientists, politicians, economic actors and populations alike. Many States are working to propose truly operational solutions that meet the expectations of populations. As a result, the analysis over time of socio-economic phenomena and the determination of their environmental impacts have become an effective alternative to understanding socio-environmental problems. Thus, the commune of Grand-Bassam, a seaside resort undergoing socio-economic change, faces numerous environmental impacts which considerably influence its spatial framework. Environmental problems such as unsanitary conditions, urban disorder and insufficient sanitation infrastructure persist in the commune of Grand-Bassam. Therefore, the study analyzes the environmental impacts of socio-economic changes in the seaside town of Grand-Bassam. The objective of the research is to analyze the environmental impacts linked to socio-economic changes in the commune of Grand-Bassam. It was therefore necessary to use a data collection methodology focused on literature research, direct observation, semi-structured interviews with local authorities, a field survey as well as purposive sampling. The analysis of cartographic and statistical documents as well as field survey data led to results that made it possible to understand the spatio-temporal evolution and the dynamics of economic activities. They also highlight the socio-environmental implications of socio-economic changes. The study offers the possibility of using GIS as resilience tools in relation to environmental problems, which opens new perspectives for harmonious and adequate management of territories.
Keywords : Grand-Bassam, changes, socio-economic, Impacts, environment
Impacts spatio-environnementaux des mutations socio-économiques dans la commune de Grand-Bassam à travers la modélisation prospective de l’occupation spatiale
Kouamé Alain-Serge KOUADIO, Abou DIABAGATE, Sanaliou KAMAGATE
Résumé
Avec la mise en place de sa vision Eco2citoyenne pour accroître son essor depuis mars 2019, la municipalité du Plateau a mis l’accent sur trois composantes essentielles (économique, environnementale et citoyenne). Le déploiement de cette vision a suscité de nombreux investissements dans les trois composantes suscitées. C’est dans l’optique de montrer les effets de ces investissements sur la dynamique de développement de la commune du Plateau entre 2019 et 2023 qu’intervient cette étude. Pour atteindre cet objectif, une méthodologie axée sur la recherche documentaire, l’observation directe sur le terrain, les entretiens et l’enquête par questionnaire a été privilégiée. Les résultats obtenus des différentes investigations montrent que les investissements municipaux réalisés entre mars 2019 et août 2023 ont eu des effets. Ces effets concernent les changements spatiaux, socioéconomiques et environnementaux. Les changements spatiaux concernent l’accroissement des baies de stationnement de véhicules et le pavage des espaces. Les changements socioéconomiques sont relatifs à la rapidité des services municipaux, à la création de nombreux emplois, à l’amélioration des conditions d’apprentissage dans les écoles maternelles et primaires de même que le financement de projets via un fonds international et la signature de conventions de partenariats. Quant aux changements environnementaux, ils marquent le début d’une transition écologique et l’amélioration du cadre de vie communal.
Mots clés : Plateau, commune, développement, impact investissement, municipaux
ABSTRACT
With the implementation of its Eco2citizen vision to increase its growth since March 2019, the municipality of Plateau focused on three essential components (economic, environmental and civic). The deployment of this vision led to numerous investments in the three aforementioned components. The aim of this study is to show the effects of these investments in the dynamics of development of the commune of Plateau between 2019 and 2023. To achieve this objective, a methodology based on literature research, direct observation, interviews and a questionnaire survey was used. The results obtained from the various investigations show that the municipal investments made between March 2019 and August 2023 impacted. These effects concern spatial, socio-economic and environmental changes. Spatial changes relate to the increase in vehicle parking bays and the paving of spaces. The socio-economic changes relate to the speed of municipal services, the creation of numerous jobs, the improvement of learning conditions in the nursery and elementary schools, as well as the financing of projects via an international fund and the signing of partnership agreements. As for environmental changes, they mark the beginning of an ecological transition and the improvement of the communal living environment.
Keywords: Plateau, commune, development, impact, investment
Impacts des investissements municipaux sur la dynamique de développement de la commune du Plateau (Abidjan, Côte d’Ivoire) de 2019 à 2023
Impacts des investissements municipaux sur la dynamique de développement de la commune du Plateau (Abidjan, Côte d’Ivoire) de 2019 à 2023
Kouadio Jacques KOFFI, Guenolé Largatan SEKONGO, Nanan Kouamé Félix KOUADIO
Résumé
Anciennement considérés comme une source d’alimentation et de protéine animale inépuisable, les espaces lagunaires connaissent ces dernières décennies une baisse de leur niveau de production eu égard à leur surexploitation. Ainsi, la pêche, qui occupait une part importante des populations riveraines, est désormais confrontée à la disparition des espèces aquatiques, à la baisse de son rendement et à son incapacité à approvisionner les marchés urbains en produits halieutiques. L’acadjaculture, qui se présente comme une activité de préservation des espèces aquatiques relativement à sa technique de production différente de la pêche, s’apparente comme une alternative pour ces peuples lagunaires. Née au Bénin et encouragée entre 1994 et 1998 par le Centre de Recherche Océanologique, l’acadjaculture s’est alors propagée au fil des ans après l’année 2000 dans les villages de Dabou comme l’une des méthodes les mieux adaptées pour résorber le problème de la pêche lagunaire. L’étude dont l’objectif principal est de montrer le rôle de cette nouvelle technique dans le développement socioéconomique des zones rurales lagunaires en s’appuyant sur le cas des sous-préfectures de Toupah, vise également à attirer l’attention des élus locaux opérant dans les circonscriptions du système lagunaire ivoirien, sur les opportunités d’insertion sociale de leurs administrés, grâce à la promotion de l’acadjaculture. Pour y parvenir, l’étude à la fois qualitative et quantitative a consisté, sur une longue période (2019 et 2023), à recueillir les données à partir de la fouille documentaire et d’enquêtes de terrain. L’enquête sur le terrain s’est déroulée en trois phases (étapes) : l’observation de l’activité ; l’entretien avec les autorités coutumières et les agents du service des pêches de Dabou et de Toupah ; enfin, l’administration de questionnaire à 70 acteurs de l’acadja. Les données recueillies ont subi différents types de traitements selon leur nature. Le logiciel ArcGIS 10.3 a été utilisé pour les réalisations cartographiques (localisation de la zone d’étude), après le dépouillement des données par le biais de Sphinx.5. Les tableaux et graphiques ont quant à eux été réalisés par les logiciels Word et Excel. Les résultats obtenus de nos investigations montrent que 70 % des acteurs de la pêche pratiquent l’acadjaculture. Aussi, le revenu tiré de l’exploitation d’un enclos d’acadja de 6 mois atteint parfois une somme de 3 000 000 (trois millions) de francs CFA. Ces revenus permettent aux acteurs de se prendre en charge (construction de maison, scolarisation des enfants…) et de contribuer aux différents projets de développement du village. Toutefois, les difficultés auxquelles sont confrontés l’activité singulièrement, les conflits, la pollution, le vol et la destruction de la végétation exigent un appui et un encadrement des élus de la région des grand-ponts en vue d’un développement durable de l’acadjaculture et des villages qui l’abritent.
Mots-clés : Côte d’Ivoire, zones rurales lagunaires, acadjaculture, développement socioéconomique
ABSTRACT
Formerly considered an inexhaustible source of food and animal protein, lagoon areas have experienced a decline in their level of production in recent decades due to their overexploitation. Thus, fishing, which occupied a significant part of local populations, is now faced with the disappearance of aquatic species, a drop in its yield and its inability to supply urban markets with fish products. Acadjaculture, which presents itself as an activity for the preservation of aquatic species in relation to its production technique that is different from fishing, appears to be an alternative for these lagoon peoples. Born in Benin and encouraged between 1994 and 1998 by the Oceanological Research Center, the acadjaculture then spread over the years after the year 2000 in the villages of Dabou as one of the methods best suited to absorb the lagoon fishing problem. The study, whose main objective is to show the role of this new technique in the socio-economic development of rural lagoon areas based on the case of the sub-prefectures of Toupah, also aims to draw the attention of local elected officials operating in the districts of the Ivorian lagoon system, to the opportunities for social integration of their constituents, thanks to the promotion of acadjaculture. To achieve this, both qualitative and quantitative studies consisted, over a long period (2019 and 2023), of collecting data from literature research and field surveys. The field investigation took place in three phases (steps): observation of the activity; interviews with customary authorities and agents from the Dabou fisheries department; finally, the administration of questionnaires to 70 acadja stakeholders. The data collected underwent different types of processing depending on their nature. ArcGIS 10.3 software was used for mapping (location of the study area) while Sphinx.5 allowed to process the data collected. Excel software was used to create tables and graphs. The results showed that 70% of fishing stakeholders practice acadjaculture. Also, the income from the exploitation of a 6-month-old acadja enclosure sometimes reaches a sum of 3,000,000 (three million) CFA francs. This income allows the actors to support themselves (building a house, sending children to school, etc.) and to contribute to the various development projects in the village. However, the difficulties facing the activity, particularly conflicts, pollution, theft and destruction of vegetation, require support and supervision from elected officials in the Grand-Ponts region with a view to the sustainable development of acadjaculture and the villages that host it.
Keywords: Côte d’Ivoire, lagoon rural areas, acadjaculture, socio-economic development
Acadjaculture et développement des zones rurales lagunaires de la Côte d’Ivoire : cas de la sous-préfecture de Toupah, dans le département de Dabou
Acadjaculture et développement des zones rurales lagunaires de la Côte d’Ivoire : cas de la sous-préfecture de Toupah, dans le département de Dabou
TROISIEME PARTIE : LA CITOYENNETE EN QUESTIONS
Agnès GNAMMON-ADIKO
Résumé
Dès la décentralisation et l’avènement des pouvoirs locaux, la sécurité des biens et des personnes est l’une des toutes premières compétences transférées par l’Etat de Côte d’Ivoire aux collectivités territoriales constituées dont les communes. Leur responsabilité est ainsi affirmée dans le maintien de l’ordre, de la sûreté, de la tranquillité, et de la sécurité publique aux populations. Cet affichage découle de l’augmentation et des conséquences de l’insécurité courante. Aussi, la sécurité est-elle un enjeu prioritaire dans les différents plans nationaux de développement. Dès lors, l’Etat ivoirien s’est engagé dans la mise en œuvre d’une initiative innovante en la matière. Celle-ci vise à accompagner les communes dans leur rôle d’acteurs de premier plan dans la gestion de la sécurité sur les territoires de leur ressort administratif. Il s’agit du Projet d’Appui à la Sécurité Urbaine (PASU), développé sur l’ensemble du territoire avec une expertise nationale multidisciplinaire dédiée et pluri institutionnelle. Le présent article est un retour sur notre expérience de terrain vécue dans ce projet. Universitaire, nous avons été impliquées dans la réflexion et l’action, avec une immersion de longue durée dans les communes concernées par le PASU. Il s’agit ici de montrer sous l’angle de la géographie sociale, de quelle manière une telle initiative peut être un exemple de réponse aux objectifs de décentralisation des politiques publiques de sécurité. Nous mobilisons en complément de notre vécu, une riche documentation scientifique et technique sur le sujet ; certaines ressources étant issues des bases de données du PASU.
Mots clés : Côte d’Ivoire, sécurité des biens et des personnes, gouvernance locale, projet national d’appui, retour d’expérience.
ABSTRACT
Since decentralization and the advent of local authorities, the security of goods and people is one of the very first competences transferred by the State of Côte d’Ivoire to the constituted local authorities, including the municipalities. Their responsibility is thus affirmed in the maintenance of order, safety, tranquility, and public safety for the population. This display stems from the increase and consequences of current insecurity. Also, security is a priority issue in the various national development plans. Since then, the Ivorian State has committed to implementing an innovative initiative in this area. This aims to support municipalities in their role as a leading player in the management of security in the territories under their administrative jurisdiction. This is the Urban Security Support Project (PASU), developed throughout the territory with dedicated and multi-institutional multidisciplinary national expertise. This article is a look back at our field experience in this project. As academics, we were involved in reflection and action, with a long-term immersion in the communes concerned by the PASU. The aim here is to show, from the perspective of social geography, how such an initiative can be an example of a response to the objectives of decentralization of public security policies. In addition to our experience, we mobilize a rich scientific and technical documentation on the topic; some resources are drawn from the PASU databases.
Keywords: Côte d’Ivoire, security of goods and people, local governance, national support project, feedback.
Le Projet d’Appui à la Sécurité Urbaine (PASU) : Retour d’expérience sur la sécurité en Côte d’Ivoire
Le Projet d’Appui à la Sécurité Urbaine (PASU) : Retour d’expérience sur la sécurité en Côte d’Ivoire
Assalé Félix AKA
Résumé:
La périurbanisation, faisant référence à l’expansion urbaine vers les zones périphériques, est un phénomène courant dans de nombreuses régions du monde. En termes de développement urbain durable, l’étalement urbain rapide pose à la fois des défis et des opportunités. L’article aborde les défis spécifiques auxquels est confronté le modèle périurbain de Traînou en matière d’aménagement durable. Il pose le problème du manque d’infrastructures de base dans le quartier pour une urbanisation durable. Les objectifs de cette étude sont d’identifier les défis auxquels fait face Traînou et d’analyser les conditions d’amélioration du cadre de vie des habitants dans le quartier. Pour y parvenir, une exploitation des données documentaires et une enquête auprès des ménages et de la municipalité d’Abobo ont été réalisées. Il en ressort que Traînou se caractérise par un manque de structures de base, avec un accès limité à l’éducation et aux services de santé et de l’eau potable. Par ailleurs, en raison de son emplacement en périphérie du centre urbain, il souffre d’une carence dans le dispositif routier. Enfin, une croissance rapide des résidents constitue une pression sur les ressources naturelles, foncières et environnementales. La commune s’efforce à relever ces difficultés avec une tendance affirmée par le développement des ouvrages de base, la gestion des espaces et du cadre de vie avec l’appui des partenaires privés et des Organisations Non Gouvernementales.
Mots-clés : Quartier Traînou d’Abobo, Côte d’Ivoire, périurbanisation, défis urbains, développement durable.
ABSTRACT :
Peri-urbanization, referring to urban expansion towards peripheral areas, is a common phenomenon in many regions of the world. In terms of sustainable urban development, rapid urban sprawl poses both challenges and opportunities. The article addresses the specific challenges facing the peri-urban model of Traînou in terms of sustainable development. It raises the problem of the lack of basic infrastructure in the neighborhood for sustainable urbanization. The objectives of this study are to identify the challenges facing Traînou and to analyze the conditions for improving the living environment of residents in the neighborhood. To achieve this, an exploitation of documentary data and a survey of households and the municipal authorities of Abobo were realized. It appears that Traînou is characterized by a lack of basic structures, with limited access to education and health services and drinking water. Furthermore, due to its location on the outskirts of the urban centre, it suffers from a lack of road infrastructure. Finally, rapid growth of residents puts pressure on natural, land and environmental resources. The municipality is striving to overcome these difficulties with a trend affirmed by the development of basic works, the management of spaces and the living environment with the support of private partners and Non-Governmental Organizations.
Keywords: Traînou neighborhood of Abobo, Côte d’Ivoire, peripheral urbanization, urban challenges, sustainable development
Traînou, quartier périphérique d’Abobo à l’épreuve des défis urbains
Traînou, quartier périphérique d’Abobo à l’épreuve des défis urbains
Ferdinand MBEN LISSOUCK
Résumé
La ville en Afrique intéresse la recherche en sciences sociales bien avant l’accession des pays du continent à l’indépendance. Globalement, la recherche dans le domaine analyse la crise de l’urbanisation comme la conséquence de la mauvaise santé économique des États africains ; ou comme la conséquence d’un déterminisme historique, dont les origines se situeraient dans le moment colonial. Des fois, cette crise apparaît au détour des travaux spécialisés comme la conséquence d’une domination politique exercée par l’élite postcoloniale sur les masses citadines paupérisées. D’autres recherches encore rendent les pesanteurs culturelles responsables de la crise de l’urbanisation en Afrique. Ce travail, en prenant pour terrain Ébolowa, une ville secondaire du Sud du Cameroun, montre que la cristallisation des désordres urbains dans les villes locales est aussi à rechercher dans les pratiques quotidiennes des hauts cadres de l’administration centrale d’une part, et, d’autre part, dans les actes posés par les agents municipaux chargés de faire appliquer les mesures d’urbanisme au niveau local.
Mots clés : Ébolowa, administration centrale, désordre urbain, mairie, ville secondaire
ABSTRACT
The city in Africa has been of interest to social science research long before the countries of the continent gained independence. Research analyzes urbanization crisi as a consequence of the poor economic health of African states or as a consequence of an historical determinism, dealing with the colonial period. Another category of authors presents it as a consequence of the political domination exercised by the post-colonial elite over the impoverished urban masses. And other research blames cultural constraints for the urbanization crisis in Africa. This work takes Ébolowa, a secondary town of southern Cameroon, as a case study. Firstly, it shows that the crystallization of urban disorder is also to be found in the daily and informal practices of the central political and administrative elites. Secondly, it put forward the malpractices of the local municipal agents responsible for enforcing urban planning measures.
Key words: Ébolowa, headquarters, Secondary town, urban disorder, city council
Les petites mains de l’État : élites politico-bureaucratiques et désordres urbains dans une ville secondaire du Cameroun
Les petites mains de l’État : élites politico-bureaucratiques et désordres urbains dans une ville secondaire du Cameroun
Ahmed IBRAHIM, Amidou TOUNGARA, Djibril SOUMARE
Résumé:
La décentralisation en milieu scolaire est un nouveau modèle de gouvernance et d’aménagement des institutions scolaires. Elle a pour but de rapprocher l’école des collectivités locales et de faciliter leurs participations à sa gestion. Ce modèle de gouvernance participe de l’efficacité du système éducatif, de la promotion et de la mobilisation des acteurs locaux (Parents, Étudiants, Enseignants et Partenaires) autour des questions scolaires. C’est dans ce contexte que de nombreuses investigations montrent l’importance du système et expliquent la réussite de la pratique dans certaines communes mais aussi l’existence de certaines difficultés d’appropriation dans d’autres. En effet, la multiplication des écoles privées constitue une lourde charge pour les parents qui demandent par la suite leurs municipalisations. Les citoyens profitent de ce fait des aides de l’Etat tout en les maintenant sous forme d’écoles privées. Notre objectif est de montrer que la décentralisation en milieu scolaire malien est un modèle de gouvernance entre difficultés et réussite. Comme problématique, il y a lieu de savoir en quoi la décentralisation en milieu scolaire malien est un modèle de gouvernance entre difficultés et réussite ? Pour mieux cerner les contours de notre sujet, la méthodologie a consisté à la lecture d’ouvrages et des rapports d’études sur la décentralisation au Mali, ensuite l’utilisation d’un questionnaire adressé non seulement aux acteurs scolaires et aux acteurs de la décentralisation sur la question. Les résultats de cette étude montrent que, le changement politique qui s’est opéré en 1991 au Mali a provoqué le renversement du régime politique monopartite et à l’instauration d’un régime basé sur la « démocratie multi-partisane » sous la direction du CTSP. Celui-ci, installe des institutions décentralisées et leurs attribue des missions. Les missions se regroupent au sein d’un outil appelé « Mission de Décentralisation » rattaché au Ministère chargé de l’Administration Territoriale qui lui aussi est rattaché à la primature. Désormais cet outil devient un pont entre l’Etat, les structures et la société civile. Pour ce qui est du domaine scolaire, déjà en 1962, l’Etat adopte un système décentralisé motivé par la multiplication sensible des infrastructures scolaires. La nécessité de la tenue du débat national sur l’éducation en septembre 1991 s’impose et aboutit à la création de deux systèmes d’enseignement : le formel et de l’informel, sanctionnés par un programme décennal de développement nommé PRODEC pour sa mise en application. Plusieurs structures pilotent le système scolaire malien, ce qui du coup a favorisé sa réussite malgré l’existence de difficultés liées à ses orientations qui ne tiennent pas compte de la réalité sociale du pays, de la réduction du taux de redoublement, de la double vacation, des classes multigrades, bref d’un système imposé par l’ajustement structurel.
Mots clés : décentralisation, difficultés, Mali, milieu scolaire, réussite
ABSTRACT
Decentralization of the school sector is a new model of governance and management of educational institutions. It aims to bring schools closer to local communities and facilitate their participation in their management. This governance model contributes to the effectiveness of the education system, to the promotion and to the mobilization of local stakeholders (parents, students, teachers, and partners) around school issues. It is in this context that numerous investigations show the importance of the system and explain the success of the practice in some communes but also the existence of certain difficulties of appropriation in others. Indeed, the proliferation of private school constitutes a heavy burden for parents who subsequently request their municipalization. Citizens thus benefit from state aid while maintaining them in the form of private schools. Our goal is to show that decentralization of the Malian school sector is a model of governance that balances difficulties and success. As a key problem, we need to understand how decentralization of the Malian school sector is a model of governance that balances difficulties and success. To better understand the scope of this topic, our methodology consisted of reading scholarly books and reports on decentralization in Mali, followed by the use of a questionnaire administered to school stakeholders and those involved in decentralization. The results of this study show that the political change in 1991 in Mali caused the overthrow of the single-party political regime and the establishment of a regime based on multi-party democracy under the leadership of CTSP. CTSP establishes decentralized institutions and assigns them missions that are grouped within a tool called the “Decentralization Mission” attached to the Ministry of Territorial Administration, which is also attached to the Prime Minister’s office. This tool now becomes a bridge between the state institutions and civil society. As for the educational sector, already in 1962, the state adopted a decentralized system motivated by the significant multiplication of school infrastructure. The need to hold the national debate on education in September 1991 was essential and led to the creation of two education systems: formal and informed, sanctioned by a ten-year development program called PRODEC for its implementation. Several institutions manage the Malian school system, which has fostered its success despite the existence of difficulties linked to its orientations, which do not take into account the social reality, the reduction in the repetition rate, the double shift, multigrade classes, in short, a system imposed by structural adjustment.
Keywords: decentralization, difficulties, Mali, school environment, success
La décentralisation en milieu scolaire malien : un modèle de gouvernance entre réussite et difficultés
La décentralisation en milieu scolaire malien : un modèle de gouvernance entre réussite et difficultés
N’Gouan Désiré Alex AKA, Krapa Valérie BOA, Kpan Noël VEI
Résumé
Depuis la fin des années 1980, La Côte d’Ivoire a amorcé une nouvelle politique, celle du transfert de compétences aux collectivités territoriales, visant ainsi à rapprocher l’administration des citoyens et à réduire les disparités régionales. Le développement local se substitue désormais au modèle de développement « Top-down ». Le territoire ivoirien est devenu ainsi le champ d’opérationnalisation des objectifs globaux de l’État et des aspirations de la population locale (Soumahoro, 2015). Cette politique vise à promouvoir le bien-être des populations par la transformation qualitative de leur niveau de vie et de leur cadre de vie. Ce qui n’est toujours pas le cas quand celles-ci sont en proie à une résurgence d’effondrements d’habitation, de glissement de terrain et d’inondation. Cet article a pour objectif général de cartographier les zones à risque d’habitation dans la commune de Cocody en utilisant des techniques de l’intelligence artificielle géospatiale (GeoAI) intégrant l’analyse du Normalized Difference Built-up Index (NDBI), afin de fournir des informations précises et exploitables pour la planification urbaine durable et la réduction des risques pour les habitants. La méthodologie adoptée s’appuie sur l’analyse d’image satellite de Sentinelle 2 de 2022 et 2023 à partir de la plateforme Google Earth Engine, la recherche documentaire, l’observation sur le terrain et le traitement cartographique avec le logiciel ArcGIS Pro 3.2.1. Cette étude permet d’obtenir, comme résultat, une carte de la densité des constructions. Les quartiers comme Djorobité, Djibi, Angré Château et Bessikoi enregistrent une nette augmentation des constructions, contrairement aux quartiers de Cocody Danga, Riviera 2 et la Riviera palmeraie pour lesquelles les constructions connaissent une légère diminution. Par ailleurs l’analyse révèle une corrélation significative entre les valeurs du NDBI et les zones à risque d’habitation, démontrant que les zones fortement urbanisées ou soumises à des changements dans l’utilisation des terres présentent un risque accru pour les habitants.
Mots-clés : Cocody, construction, habitation, intelligence artificielle géospatiale (GeoAI), surveillance, norme ISO 31000, Méthode SWOT
ABSTRACT
Since the late 1980s, Côte d’Ivoire has initiated a new policy, that of transferring powers to local authorities, thus aiming to bring the administration closer to citizens and reduce regional disparities. Local development is now replacing the « Top-down » development model. The Ivorian territory has thus become the operational field of the overall objectives of the State and the aspirations of the local population (Soumahoro, 2015). This policy aims to promote the well-being of the populations by the qualitative transformation of their standard of living and their living environment. This is still not the case when they are prey to a resurgence of housing collapses, landslides and flooding. The general objective of this article is to map the housing risk areas in the commune of Cocody using geospatial artificial intelligence (GeoAI) techniques integrating the analysis of the Normalized Difference Built-up Index (NDBI), in order to provide precise and usable information for sustainable urban planning and risk reduction for residents. The methodology adopted is based on the analysis of Sentinel 2 satellite images for 2022 and 2023 using the Google Earth Engine platform, literature research, field observation, and cartographic processing using ArcGIS Pro 3.2.1 software. This study produces a building density map. Neighborhoods such as Djorobité, Djibi, Angré Château, and Bessikoi have seen a significant increase in construction, unlike the neighborhoods of Cocody Danga, Riviera 2, and Riviera Palmeraie, where construction has slightly decreased. Furthermore, the analysis reveals a significant correlation between NDBI values and residential risk areas, demonstrating that highly urbanized areas or those subject to land-use changes pose an increased risk to residents.
Keywords : Cocody, construction, housing, geospatial artificial intelligence (GeoAI), monitoring, ISO 31000 standard, SWOT method
Surveillance des zones à risque d’habitation à l’aide de la Géo-intelligence artificielle (GeoAI) dans la commune de Cocody
Surveillance des zones à risque d’habitation à l’aide de la Géo-intelligence artificielle (GeoAI) dans la commune de Cocody
Amoin Joséphine ANÉ-KPAHÉ
Résumé
La décentralisation est intervenue en Côte d’Ivoire dans un contexte de crise. Elle est une opportunité pour les autorités de développer des interventions de proximité au bénéfice des populations, et pour celles-ci, de participer à la gestion des affaires locales (N. Moustapha, R.C. Cissé., 2007, p.20). Les femmes sont particulièrement attendues dans l’action locale, en raison de leur statut et de leurs rôles sociaux et du fait de l’égalité des chances prônée par toutes les instances. Cependant, en Côte d’Ivoire, comme partout ailleurs, on enregistre très peu de femmes à la tête des communes majoritairement administrées par les hommes même si le nombre de femmes Maires progresse d’année en année. D’une Maire en 1980, on est passé à 16 femmes Maires sur effectif de 201 Maires en 2020 (K.A.J Ané, 2020 p. 53) et 22 en 2024. Cette augmentation du nombre s’explique par les efforts du Gouvernement, confortés par les institutions internationales, visant à améliorer l’implication des femmes aux postes à responsabilités. Parmi les communes dirigées par les femmes, figure celle d’Arrah située dans la région de Moronou au Centre Est de la Côte d’Ivoire. Elle est érigée en commune de plein exercice par la loi n° 85-1085 du 17 octobre 1985 portant création de 98 communes. Administrée depuis sa création par les hommes, une femme, Mme N’Guessan Badou Harlette a été portée à la tête de cette collectivité locale aux scrutins de 2018 et réélue aux dernières élections de septembre 2023. L’objectif de cette étude est d’analyser la décennie de gouvernance communale féminine à Arrah. Au plan méthodologique, les données collectées pour écrire l’article à travers la documentation, des observations à travers des visites de terrain, et des entretiens avec les autorités administratives et les populations. Les résultats montrent un bilan mitigé de la gouvernance féminine à la tête de la commune d’Arrah. La Maire d’Arrah a réalisé d’importants travaux d’aménagement dans cette commune. La commune a été dotée de plus d’infrastructures et d’équipements tels que la construction des locaux pour la Gendarmerie fonctionnant auparavant dans une maison sous bail. Des voies de communication ont été bitumées, donnant à la commune un paysage nouveau. Elle a également mené des actions sociales pour soutenir les populations en détresse et donner de la joie à ses administrés. Toutefois, malgré les investissements municipaux, la commune d’Arrah est toujours confrontée à des difficultés liées à l’insécurité due à l’insuffisance des infrastructures (électricité, voirie, eau), l’assainissement, et au manque de logements. Le marché de cette ville n’est pas moderne et est localisé sur un site inondable. La Mairie doit investir davantage pour le développement local. Les femmes, tout comme les hommes, sont capables de diriger des communes, donc elles doivent être encouragées à participer au développement local par leur présence à la tête des collectivités locales.
Mots clés : Arrah, décentralisation, développement local, genre, Côte d’Ivoire
ABSTRACT
Decentralization took place in Côte d’Ivoire in a context of crisis. It is an opportunity for the authorities to develop local interventions for the benefit of the populations, and for these populations to participate in the management of local affairs (N. Moustapha, R.C. Cissé., 2007, p.20). Women are particularly expected in local action, because of their status and their social roles and because of the equality of opportunity advocated by all authorities. However, in Côte d’Ivoire, as everywhere else, there are very few women at the head of communes mainly administered by men even if the number of female mayors increases from year to year. From one female mayor in 1980, there were 16 female mayors out of a total of 201 mayors in 2020 (K.A.J Ané, 2020, p. 53) and 22 in 2024. This increase in the number is explained by the Government’s efforts, supported by international institutions, aimed at improving the involvement of women in positions of responsibility. Among the municipalities led by women there is that of Arrah located in the Moronou region in the Central East of Côte d’Ivoire. It was established as a fully-fledged commune by Law No. 85-1085 of October 17, 1985, creating 98 municipalities. Administered by men since its creation, a woman, Ms. N’Guessan Badou Harlette, was elected head of this local authority in the 2018 elections and re-elected in the last elections in September 2023. The objective of this study is to analyze the decade of women’s municipal governance in Arrah. Methodologically, the data used to write the article are collected through documentation, observations through field visits, and interviews with administrative authorities and residents. The results show a mixed record of women’s governance at the head of the municipality of Arrah. The Mayor of Arrah carried out significant development work in this commune. The municipality has been provided with more infrastructures and equipments, such as the construction of premises for the Gendarmerie, which previously operated in a leased house. Roads have been paved, giving the municipality a new landscape. She also led social initiatives to support populations in distress and bring joy to her constituents. However, despite municipal investments, the municipality of Arrah still faces challenges related to insecurity due to inadequate infrastructure (electricity, roads, water), sanitation, and a lack of housing. The town’s market is not modern and is located on a flood-prone site. The town hall must invest more in local development. Women, like men, are capable of leading municipalities, and therefore they must be encouraged to participate in local development through their presence at the head of local authorities.
Keywords: Arrah, decentralization, local development, gender, Côte d’Ivoire
La gestion des communes par les femmes maires en Côte d’Ivoire : le cas de la commune d’Arrah
La gestion des communes par les femmes maires en Côte d’Ivoire : le cas de la commune d’Arrah
Konan Norbert KOFFI, Setondji Neil Edmerique TAKPA, N’guessan Séraphin BOHOUSSOU, Landry BOTTY
Résumé
Les collectivités territoriales décentralisées ivoiriennes aspirent à devenir des villes résilientes et durables. Ce défi majeur s’inscrit dans l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD 8 et 11). Malheureusement, la quasi-totalité de ces entités décentralisées reste fortement dépendante des subventions de l’État central. À titre d’illustration, « au 21 décembre 2017, le taux de recouvrement des recettes propres s’élevait à 47,12 % contre un taux de transfert de 82 % » (ministère de l’Économie et des Finances, 2018, p. 4). La commune de Bouaké n’est pas épargnée par ce déficit de recouvrement. C’est dans cette optique qu’émerge le recours à la digitalisation du recouvrement des recettes par le conseil municipal de Bouaké. De ce fait, cette initiative nécessite une participation populaire pour sa réussite. Dès lors, la présente étude vise à comprendre le lien entre la participation citoyenne à la digitalisation du recouvrement des recettes municipales et le développement de la Commune durable de Bouaké. Pour l’atteinte de cet objectif, la méthodologie suivante a été adoptée. Celle-ci repose sur l’approche documentaire en rapport avec la participation citoyenne et la digitalisation des méthodes de collecte des recettes municipales, l’observation participante et l’enquête de terrain menée avec un guide d’entretien et des questionnaires administrés auprès de 150 contribuables répartis dans cinq quartiers de la commune de Bouaké. Le traitement des données a été réalisé grâce aux logiciels Excel 2021 et Sphinx V5. Cette étude démontre les caractéristiques de la stratégie novatrice du Conseil municipal de Bouaké qu’est la digitalisation du recouvrement des recettes. Celle-ci s’identifie comme un outil méconnu (70% de méconnaissance contre 30% de connaissance selon les enquêtés). De plus, ladite stratégie est faiblement utilisée (24% d’utilisation à l’opposé de 76% de non-utilisation). Néanmoins, elle est salutaire pour l’optimisation du recouvrement des recettes municipales. Les avantages de sa nécessité se distinguent par la transparence (50% des enquêtés), le gain de temps (30% des enquêtés) et la facilité de paiement (20% des enquêtés). Cependant, ce nouveau mécanisme financier ne bénéficie que d’une faible contribution de la participation citoyenne (15% de contribution contre 85% d’abstention selon les enquêtés). En dépit de la faiblesse de la participation citoyenne à la digitalisation du recouvrement des recettes municipales, elle favorise la mise en œuvre des actions de développement durable dans la commune de Bouaké. Ces actions se résument à celles destinées au développement économique, social et environnemental.
Mots clés : Commune de Bouaké, participation citoyenne, digitalisation, recouvrement des recettes, développement durable
ABSTRACT :
Ivorian decentralized territories aspire to become resilient and sustainable cities. This major challenge is part of achieving the Sustainable Development Goals (SDGs 8 and 11). Unfortunately, almost all of these decentralized entities remain heavily dependent on subsidies from the central state. As an illustration, “as of December 21, 2017, the recovery rate of own revenues stood at 47.12% compared to a transfer rate of 82%” (Ministry of the Economy and Finance, 2018, p. 4). The commune of Bouaké is not spared from this collection deficit. It is in this perspective that the use of digitalization of revenue collection by the Bouaké municipal council of Bouaké emerges. Therefore, this initiative requires popular participation for its success. Therefore, this study aims to understand the link between citizen participation in the digitalization of municipal revenue collection and the development of the sustainable commune of Bouaké. To achieve this objective, the following methodology was adopted. This is based on the documentary approach in relation to citizen participation and the digitalization of municipal revenue collection methods, participant observation and field survey carried out with an interview guide and questionnaires administered to 150 taxpayers spread across in five neighborhoods of the commune of Bouaké. Data processing was carried out using Excel 2021 and Sphinx V5 software. This study demonstrates the characteristics of the innovative strategy of the Bouaké Municipal Council which is the digitalization of revenue collection. This strategy identifies itself as a little-known tool (70% lack of awareness compared to 30% awareness according to respondents). In addition, the said strategy is rarely used (24% use as opposed to 76% non-use). Nevertheless, it is beneficial for optimizing municipal revenue collection. The advantages of its necessity are distinguished by transparency (50% of respondents), time saving (30% of respondents) and ease of payment (20% of respondents). However, this new financial mechanism only benefits from a low contribution from citizen participation (15% contribution compared to 85% abstention according to the respondents). Despite the low level of citizen participation in the digitalization of municipal revenue collection, it promotes the implementation of sustainable development actions in the commune of Bouaké. These actions a limited to those intended for economic, social and environmental development.
Keywords: Commune of Bouaké, citizen participation, digitalization, revenue recovery, sustainable development
La participation citoyenne dans la digitalisation des recettes municipales de la commune durable de Bouaké
La participation citoyenne dans la digitalisation des recettes municipales de la commune durable de Bouaké
